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Cap Ferret : les viticulteurs bordelais s'organisent contre le Tariquet …

Judy Bishop - The Travelling Eye

Lors de vos vacances, si vous allez du côté du Bassin d’Arcachon et plus précisément du Cap Ferret, vous ne pourrez pas passer à côté de la « boisson officielle de l’apéro ferret-capien » : le Tariquet.

Comme le confirme Jean-François Tastet, patron du réstaurant L’escale, et d’autres restaurateurs dans l’édition du jour de Sud-Ouest, le Tariquet est la nouvelle star du bassin d’Arcachon. Selon lui, « cela fait environ 5 ans que ce petit vin blanc simple et fruité marche bien. Pour les clients, il signifie l’été, la fraîcheur. Et il plaît à toutes les générations : le sec plutôt aux jeunes, le doux plutôt aux personnes plus âgées… ». Xavier de Gabory, caviste installé à Petit-Piquey (village du Cap-Ferret), ajoute : « Le Tariquet représente la moitié de mes ventes. On assiste, depuis deux-trois ans, à un engouement réel autour des vins de pays des côtes de Gascogne… ». Pour expliquer ce succès, Rémy Grassa, directeur général du domaine du Tariquet, dans le Gers, soutient : « Le point de départ, c’était l’huître. Des ostréiculteurs à Andernos ou à Claouey nous ont fait confiance, puis des confrères les ont suivis, au Canon par exemple, surtout pour notre blanc sec… Ainsi s’est créé un lien particulier avec le Bassin ».

Un autre vin connait lui aussi un intérêt significatif : le muscadet. Il se marie très bien avec les fruits de  mer du Bassin. Pour les apéros de fin d’après midi, les ferret-capiens préfèrent plutôt les rosés de Provence.

Pour concurrencer ces différents vins à forte notoriété, les rosés et clairets de Bordeaux se réunissent pour résister à la dure concurrence du marché des vins de l’apéro. Les vins bordelais sont en effet à l’heure actuelle surtout consommés lors de grandes occasions. Marc Médeville, viticulteur à Cadillac, observe un « triste » bilan : « Quand je vais en Corse, je vois qu’on boit des vins corses. Quand je vais dans les régions méditerranéennes, on boit des vins provençaux. Mais ici… ». C’est pourquoi lui et ses confrères ont décidé de passer à l’action par le biais d’une opération de reconquête lancée jeudi dernier au Cap Ferret. Pour doper les ventes des « vins de proximité », des « vins plaisir », ces professionnels ont décidé d’organiser, durant tout l’été, différents évènements mais aussi de mener une communication poussée auprès des relais d’opinion du Bassin d’Arcachon. Pour Marc Médeville, la difficulté se place davantage au niveau des habitudes de consommation, des représentations que sur le goût ou le prix. En effet, il explique : « C’est quasiment une question de couleur : le Bordeaux, culturellement, c’est le rouge ; on a beaucoup de mal à l’imaginer en rosé, estime Marc Médeville. Il faut désacraliser la consommation de Bordeaux, et mieux connaître les vins locaux : le rosé, aux notes florales et légères, est parfait pour l’apéro. ».

Marc Médeville fonde donc beaucoup d’espoir sur le régionalisme, la « redécouverte des terroirs », comme Laurent Maupilé, adjoint au maire de Lège Cap Ferret et délégué général de la Fête du Vin à Bordeaux. « C’est intéressant pour nous de rapprocher nos deux terroirs, le Bassin d’Arcachon et les vins de Bordeaux. À la Fête du vin, quand les visiteurs découvrent les stands de rosés de Bordeaux, ces derniers cartonnent ! », explique-t-il.

C’est le début d’une longue campagne car la tâche va être rude pour concurrencer le Tariquet qui dispose déjà d’une forte notoriété, mais le jeu en vaut la chandelle …

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4 commentaires sur “Cap Ferret : les viticulteurs bordelais s'organisent contre le Tariquet …

  1. c’est en effet une triste réalité ! mais Tariquet prend également une telle place parce qu’il ne connait de concurrent dans sa propre appellation ou quasi pas. Alors qu’en terme d’Entre-Deux-Mersn de Bordeaux Clairet, ca foisonne de noms, de bons ET de moins bons, ca manque d’unité, d’uniformité. Je me demande si ce n’est aps çà le problème aussi, parce que très franchement, quand tu es en vacances, au moment de l’apéro, réfléchir sur le choix du vin et prendre le risque d’être déçu est la dernière chose que l’on a envie de faire. Le Tariquet t’affranchit de toute réflection ou réelle découverte/déception. Alors pour faire face à ce dernier, il faudrait (enfin !) une union de producteurs bordelais autour d’une seule et même étiquette en blanc et en rosé pour inonder les resto/bars du bassin durant l’été.

  2. Tariquet, Uby, que des marques de gros volumes. Même si je respecte leur réussite commerciale, mois qui suis né et fut élevé en Gironde (pas en fût), qui est pssé bien des vacances au Cap-Ferret, je ne crois pas qu’il faille opposer ces grandes marques à d’autres grandes marques (elles girondines) mais pour les exceptionnelles huîtres du bassin d’Arcachon (en particulier au Cap-Ferret) il faut chercher l’accord de vins aussi exceptionnels et il en existe en Gironde et à proximité (même si d’autres régions offrent de belles options). En entre-deux-mers (mais c’est pas simple à trouver), en Côtes de Bordeaux, en Graves, en Côtes de Duras, en Marmandais, et – si on pousse un peu – en Bergeracois.

  3. Triste… Vive le vin, pas l’industrie! De plus, l’ugni blanc et les fruits de mer… bof! Il existe quelques vins bien plus intéressants sur Bordeaux, même si la chimie et les doses de soufre sont encore trop présentes. Une quille d’Amphibolite avec les huitres, ça gâche pas… même si ce n’est pas local…

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