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French Wine is not dead

barouillet.com

“French Wine is not dead”, c’est la signature du Château Barouillet, situé sur les coteaux de Monbazillac. Vincent Alexis y cultive ses vignes en tout simplicité, en intervenant le moins possible, afin de proposer de véritables “vins de terroir”. Rencontre avec ce jeune vigneron.

Âgé de 28 ans, Vincent Alexis est à la tête du Château Barouillet, sur les appellations Monbazillac, Bergerac et Côtes de Bergerac depuis 3 ans. Avant d’être à son compte, le viticulteur a suivi des études de commerce du vin à Bordeaux et Montpellier, et a travaillé pendant deux ans dans une cave de Londres. Après cette expérience, il a décidé de se réorienter vers la production en passant un BTS à Macon, suite auquel il a travaillé pendant 6 mois dans un domaine au Canada. “J’ai donc eu la chance de vinifier dans différentes régions (Languedoc, Bourgogne, Bergeracois et Ontario)”, précise-t-il. Toutes ces expériences lui sont aujourd’hui bénéfiques pour mener à bien son aventure au Château Barouillet.

Le Château Barouillet en toute simplicité

Le Château Barouillet est “un domaine familiale, situé sur les coteaux de Monbazillac sur la commune de Pomport, où nous travaillons actuellement à 3 générations”, explique Vincent Alexis. Depuis 30 ans, la famille y a engagé une restructuration du vignoble dans le but de replanter à des densités supérieures, “et même supérieures au cahier des charges des appellations Monbazillac ou Bergerac”, rajoute le viticulteur. Dans la conduite de son vignoble, Vincent Alexis souhaite obtenir des vins vinifiés avec le moins d’intervention humaine possible. “Nous sommes partisans de la simplicité et nous ne voulons par maquiller nos vins”, estime-t-il, “nous les voulons les plus représentatifs possibles de nos terroirs, ils sont généralement très digestes et équilibrés”.

La simplicité, c’est en effet la philosophie au Château Barouillet. “À la vigne comme au chais nous raisonnons nos interventions au cas par cas en intervenant au moment opportun”. L’objectif est ainsi d’obtenir des “vins de terroirs”. Pour cela, le Château Barouillet s’est notamment converti à la culture biologique depuis 3 ans. Cette philosophie se traduit aussi dans les chais où aucune levure n’est utilisée depuis 3 ans. “Peu de soutirages ou de filtration et pas d’autres produits que du soufre et de la bentonite pour coller les vins blancs et rosés”, précise-t-il.

Une mosaïque de terroirs

Selon Vincent Alexis, une des particularités du Château Barouillet réside dans son vignoble. “Nous avons une véritable mosaïque de terroirs et essayons au maximum d’adapter nos travaux au rythme et caractéristiques de chacun de nos terroirs”. Vincetn Alexis cultive en effet ses vignes sur trois terroirs différents : Monbazillac, Bergerac et Côtes de Bergerac. A Monbazillac, selon Vincent Alexis, le terroir est assez chaud avec peu de vigueur. “Nous travaillons donc généralement les sols un rang sur deux. Au moment des vendanges nous visitons chaque parcelles une à deux fois par semaine pour apprécier l’évolution de la pourriture noble et ainsi vendanger au moment clé pour chacune d’elles”, explique-t-il. Sur Bergerac, d’après lui, le terroir est généralement plus vigoureux ce qui implique un travail différent pour le viticulteur. “Nous enherbons tous les rangs et essayons de limiter les rognages pour que la vigne mette le maximum d’énergie dans les raisins et non dans la pousse d’entre-coeurs (petites branches consommatrices de séve et non productrices de photosynthèse)”. Enfin, sur les Côtes de Bergerac, le viticulteur cultive de vieilles vignes, “avec un rendement naturellement faible (40hl/hectares)”, sur des sols argilo calcaires. Sur ce terroir, la plupart des vignes sont travaillées un rang sur deux. Comme le précise Vincent Alexis, la clé pour obtenir les vins moelleux réside dans la date de la récolte. Il explique ainsi patienter, avant de vendanger, jusqu’à ce qu’un pourcentage précisde baies soient atteintes de Botrytis “afin que la richesse en sucre et en arômes soit présente mais que la fraicheur des baies non botrytisées le soit aussi”.

Le « bon sens paysan »

Selon Vincent Alexis, “le bon sens paysan est un 6ème sens qu’ont les vieux paysans. Ils connaissent leurs terroirs et la météo de leur région et savent quand il faut faire certains travaux”. Mais d’après lui, ce bon sens a un peu disparu avec l’avènement de notre société moderne. En effet, avec le développement de la chime et des machines, “beaucoup d’agriculteurs ont perdu ce 6ème sens car les tracteurs, avec leur puissance, peuvent labourer un sol quasi n’importe quand”, explique le viticulteur. Et cela a bien évidemment des conséquences sur la récolte obtenue. “Le résultat n’est pas le même quand un labour est fait au moment idéal que lorsqu’il est fait par sol trop humide ou trop sec”, précise-t-il. “C’est ça le bon sens paysans, écouter son terroir et réagir intelligemment et au bon moment”, conclut Vincent Alexis.

French wine is not dead !

“French wine is not dead”, c’est la signature imaginée par Vincent Alexis pour le Château Barouillet. “C’est un pied de nez, une phrase pour choquer et faire réagir”, explique-t-il. Avec ce slogan, le viticulteur souhaite en effet faire réagir le monde viticole français face au contexte internationale et notamment à la concurrences des vins du Nouveau Monde. “La France à une carte à jouer sur les grands vins simples et bien fait”, estime-t-il, face à des vins du Nouveau Monde qui sont, selon lui, “pour la plupart, des vins technologiques”. “Je pense que nos terroirs et nos traditions peuvent nous permettre de garder un atout par rapport à tous nos concurrents directes”, rajoute-t-il.


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