Chroniques sur le vin
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Chronique publiée le dans Le Vin fait son Cinéma

Interview d’Hubert de Boüard : Angélus, véritable star du cinéma!

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La bouteille du Château Angélus est une vraie star du cinéma. Déjà présente dans plus de 30 films, elle peut se targuer d’une filmographie à rendre jaloux la plupart des acteurs : Casino Royale, La Môme, Dialogue avec mon Jardinier, L’immortel, Comme les 5 doigts de la main… Pour mieux comprendre les secrets de cet incontestable succès, je suis allé rencontrer Hubert de Boüard au Château Angélus. En voici l’interview.

Geoffroy Surault : “Pourquoi avoir choisi le cinéma comme vecteur de communication pour le Château Angélus?”

Hubert de Boüard : “J’ai toujours aimé le cinéma et j’y ai toujours été sensible. C’est quelque chose pour moi d’important et au fil du temps, je me suis rendu compte que la communication est une matière complexe et sophistiquée, dans laquelle le cinéma pouvait trouver toute sa place : comme le vin le cinéma crée de l’émotion, au travers de situations réelles ou idéalisées, pour un très large public prêt à s’identifier à ses héros ou à vivre leurs aventures. Le cinéma permet de faire passer de façon très subtile de nombreux messages positifs sur nos grands vins, et, comme nos vins, les films sont éternels, vus et revus, d’une génération à l’autre… J’ai rencontré un peu par hasard un spécialiste du « placement » au cinéma, lors du festival du film à Arcachon il y a de cela vingt ans. Notre relation purement amicale, au départ, nous a amené petit à petit à travailler ensemble, et c’est lui qui nous a souvent proposé d’être présents dans un certain nombre de films.

J’ai eu par ailleurs la chance de rencontrer beaucoup d’acteurs qui venaient à Saint-Emilion. Souvent ils venaient loger au Château Angélus. J’ai ainsi développé des relations de sympathie ou d’amitié avec de nombreux acteurs ou réalisateurs qui un jour m’appelaient : « Tiens, j’aimerais bien qu’il y ait Angélus dans mon film … ». C’était juste dans un cadre amical, mais cela a aussi beaucoup compté finalement. Il en fut par exemple ainsi avec Isabelle Doval, Danièle Thompson, Eric Lavaine, ou avec Richard Berry pour L’Immortel. Nous avions passé au Château un weekend mémorable, et il s’en était souvenu… De même avec Jean Becker, j’avais eu l’honneur de l’introniser dans la Jurade, puis un dimanche il m’avait appelé pour visiter Angélus. Il s’est sans doute souvenu de ces grands moments passés ensemble au château lorsqu’il m’a rappelé ensuite, à l’occasion du tournage de Dialogue avec mon jardinier.

Finalement, cette relation amicale et sincère que j’ai la chance d’entretenir avec le monde du cinéma explique les succès cinématographiques d’Angélus. Quand on a fait l’inauguration d’Angélus, François-Xavier Demaison et François Berléand étaient présents. Je leur avais juste envoyé une invitation, ils se souviennent et ils viennent. Voyez cette photo, où je suis ici en compagnie de Catherine Deneuve et d’Alain Delon : elle a au moins 15 ans… C’est dans le temps que cette accumulation de films a fait d’Angélus un cru spécial dans le monde du cinéma. Lorsque vous êtes présents dans plus de 30 films, vous vous faites remarquer, vous n’y passez plus inaperçu… Et puis il y a des icônes comme James Bond : Casino Royale est le film qui a fait couler le plus d’encre sur Angélus, et qui participe certainement de sa notoriété aujourd’hui mondiale”.

GS : ”Refusez-vous parfois des demandes de réalisateur ?”

HDB : “Parfois en effet. Aujourd’hui, je regarde le scénario pour voir comment Angélus est mis en scène. Je me souviens d’un des premiers films d’Angélus, « Albert est méchant ». Je connaissais bien Michel Serrault, j’avais passé une soirée fantastique à Bordeaux avec lui quelques temps avant et j’avais volontiers accédé à cette demande. En réalité dans le film, Serrault se saoule avec la bouteille d’Angélus, la buvant même au goulot. Quel exemple pour les amateurs de grands vins, et quelle image pour Angélus ! (rires…) Mais finalement je me suis dit : « Bon c’est Serrault, donc ça passe ! ». C’est un peu comme dans « Le dîner de cons » quand il rajoute du vinaigre et que ça rend le vin meilleur !… (rires…) Il faut donc faire attention, mais d’un autre coté il ne faut pas non plus n’apparaître que sur des films trop élitistes, car c’est important d’être connu du plus grand nombre, de faire rêver le grand public…

GS : ”Avez-vous ressenti une demande plus forte à la suite de films où Château Angélus était présent ? En France ? A l’étranger ?”

HDB : “Au début non mais les effets ne peuvent être que progressifs. Il faut en toute hypothèse un temps très long pour établir la notoriété d’une marque, et je ne peux pas penser que le cinéma soit le seul, ni même le principal facteur des progrès de la marque Angélus dans les vingt dernières années. Angélus était d’ailleurs une marque forte lorsque nous avons commencé à faire les premiers films, mais il est certain que le cinéma a contribué à tous nos progrès récents. Ainsi James Bond a particulièrement renforcé notre image à l’international, notamment aux Etats-Unis et en Asie. Casino Royale était le premier James Bond à être officiellement autorisé en Chine. J’ai pu en faire la présentation à Pékin avec la production, Daniel Craig et Eva Green, présentation au cours de laquelle étaient servis Bollinger et Angélus”.

GS : ”Est-ce que cela crée un lien entre Château Angélus et les acteurs ? Viennent-ils vous rencontrer et visiter le château par la suite ?”

HDB : “Ma relation avec les acteurs et le monde du cinéma a souvent précédé les apparitions d’Angélus dans les films, mais il est clair que la carrière cinématographique de la propriété a renforcé ces liens : les acteurs remarquent tous les détails d’un film, repèrent les apparitions d’Angélus et en gardent la mémoire. Leur curiosité pour Angélus les amène alors à venir découvrir la propriété, en apprécier les vins et à en devenir parfois de véritables ambassadeurs !”

GS : “Êtes-vous un mordu de cinéma ? Depuis quand ? Quels films vous ont fait aimer le cinéma ?”

HDB : “Tout a commencé lors de mes études d’oenologie à Bordeaux. Deux passions m’animaient alors, celle du vin qui m’a toujours dévoré, et celle du cinéma. Je n’y allais pas tous les soirs mais presque, et je travaillais dans les vignes pour pouvoir m’offrir tous ces extras ! Je regardais tous les films, mais j’adorais à l’époque les films de Bertrand Tavernier. J’ai adoré le cinéma des années 1970. Parmi mes films cultes, comment ne pas citer L’horloger de Saint-Paul, Le vieux fusil, ou Vincent, François, Paul et les autres.”

GS : ”Quelles sont vos films préférés ? Quel est le dernier film qui vous a marqué ?”

HDB : “Je vais malheureusement moins au cinéma maintenant, mais récemment je me suis vraiment amusé avec Les femmes du 6ème étage, ou encore avec Quai d’Orsay. J’aime moins désormais les films compliqués, ou trop noirs, je vais au cinéma pour me détendre.”

GS : ”Avez-vous un « Wine movie » (film sur le vin) préféré ?”

HDB : “J’aime beaucoup Sideways, ce film résume pour moi très bien toutes les émotions du vin : des copains sur la route, dans les vignobles de Californie, à qui la quête impossible du meilleur Pinot permet de redonner un sens à la vie… Ce film magnifie le Pinot noir, certes, mais j’adore (aussi) le Pinot…”

GS : ”Quelles sont vos idoles du 7ème art?”

HDB : “J’en citerais tant !… Il y a celles que j’ai pu rencontrer, comme Claude Chabrol. C’est quelqu’un d’incroyable, je me suis tant régalé avec lui. Et puis il y a tous mes acteurs fétiches : Noiret, Montand, Annie Girardot, Catherine Deneuve, Carole Bouquet… Ils ne cessent de me faire rêver. Et Gérard Depardieu, qui selon moi est l’un des plus grands acteurs que le monde ait vu. Il est capable de tout jouer, c’est un exceptionnel concentré de talents ! D’autres m’ont marqué par leur sensibilité, leur simplicité, leur drôlerie, comme Line Renaud, Danièle Thompson, Pierre Arditi… Je pense aussi à José Garcia qui me fait beaucoup rire. Dans la vie, José est comme au cinéma, très généreux et extrêmement drôle.”

GS : ”Êtes-vous présent lors des tournages où votre vin est filmé ? Avez-vous une anecdote à nous faire partager ?”

HDB : “J’en suis toujours curieux, j’ai pu assister à plusieurs d’entre eux. La Reine Margot, il y a longtemps déjà, mais plus récemment je suis allé à Pinewood sur le tournage de James Bond ! J’y ai rencontré notamment la personne chargée des effets spéciaux. Tout à fait le même personnage que dans le film, celui qui produit les gadgets de James Bond. Son bureau était rempli de mille et un souvenirs de tournages. Je me souviens que sur le plateau, l’Aston Martin du film était bâchée, et que personne n’était autorisé à la voir… J’avoue que j’ai tant insisté qu’il me l’a finalement montrée, en avant-première !”

GS : ”Avez-vous déjà été sollicité pour tourner un film au Château Angélus comme cela été le cas avec Clos Fourtet pour « Tu seras mon fils ? »

HDB : “Non, pas encore à ce jour. J’imagine qu’il n’est pas facile d’accueillir des équipes de tournage pendant plusieurs mois, d’autant que j’habite au Château… Mais pourquoi pas, j’avoue qu’en écoutant que ma curiosité et mon amour du cinéma, je tenterais bien l’aventure.”

GS : ”Y a-t-il des films dans lequel vous auriez aimé placer Château Angélus ?”

HDB : “De nombreux bien sûr ! Ne verriez-vous pas Angélus dans Gatsby Le Magnifique, par exemple ?”

GS : ”Avez-vous de nouveaux projets en vue au cinéma ? Doit-on s’attendre à recroiser une bouteille de Château Angélus dans un film prochainement ?”

HDB : “La prochaine apparition d’Angélus au cinéma devrait être dans Sexual Healing, un film sur la vie de Marvin Gaye. Un film international, produit aux Etats-Unis, qui fera je l’espère une belle carrière au box-office !”

GS : ”Merci beaucoup de m’avoir reçu pour cette interview.”

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