Chroniques sur le vin
0

actualites publiée le dans Découverte

Le bouchon de liège : plus qu’un simple bouchon …

image

Depuis des siècles, le bouchon de liège est le leader incontesté sur le marché mondial du bouchage. Pourtant concurrencé par de nouveaux modes de bouchage, il reste la solution plébiscitée autant par les professionnels que par les consommateurs. Rencontre avec Mr Sauvaud, président de la Fédération Française de Liège pour parler plus en détails de ce bouchon de liège et des raison de son succès.

Après avoir oeuvré pendant 25 ans dans l’univers du vin et des spiritueux dans de grands groupes tels que LVMH ou encore Moet Hennessy, Mr Sauvaud a pris la tête, il y a 6 ans maintenant de la filiale française d’Amorim, “le leader du liège”, comme il le précise. Depuis quelques temps, il est également le Président de la Fédération Française du Liège. Il représente donc un interlocuteur privilégié pour parler du bouchon de liège et approfondir certains sujets abordés lors d’un récent voyage au Portugal, à Lisbonne plus précisément, pour découvrir les “terres” du bouchon de Liège avec Planète Liège et participer au dernier Vinocamp Lisbonne. Partons donc pour un voyage à la découverte des raisons du succès du bouchon de liège.

Le bouchon de liège : tout le monde l’aime …

La position de leader du bouchon de liège s’explique tout d’abord par le succès qu’il rencontre à la fois auprès des professionnels et amateurs de vin, et ce depuis des siècles. Malgré la concurrence depuis quelques années de nouveaux modes de bouchage, celui-ci, par son image et ses avantages, continue à séduire !

Une valeur ajoutée pour les professionnels

Le bouchon de liège est sans conteste le mode de bouchon privilégié des professionnels du vin. Ainsi sur son marché, il remporte 74% des parts de marché (données estimatives FFL 2012), devant ses principaux rivaux : la capsule à vis et le bouchon synthétique. Si les professionnels optent d’avantage pour ce mode de bouchage c’est notamment parce que le bouchon de liège représente un réel accélérateur des ventes en apportant une valeur ajoutée aux amateurs de vin. Concernant le marché français, Mr Sauvaud tient à nous préciser que celui-ci est un marché majeur pour l’industrie du liège car une de ses spécifiés est que “tous les types de bouchons sont présents” (effervescents, spiritueux, mousseux). “Cette diversité permet aux professionnels du liège d’écouler toute leur matière première, toute leur gamme ; et ainsi d’optimiser leur activité, une préoccupation majeure pour eux”. Mais le bouchon de liège rencontre aussi un franc succès dans d’autres pays, “ayant chacun leurs spécificités et leur typologie de marché”, comme le précise Mr Sauvaud. On peut ainsi citer par exemple le Portugal, l’Espagne ou encore l’Italie mais également les pays d’Outre Atlantique où 84% des maisons de vins interrogés utilisaient le liège comme mode de bouchage.

“Le Bouchon” préféré des consommateurs

Depuis ses origines, le bouchon de liège a également su séduire les amateurs de vin. Ainsi, selon un Sondage Opinion Way (Février 2014), 83% des consommateurs français de vin préfèrent voir leur vin bouché avec du liège. Pour 84% d’entre eux, le bouchon de liège est un gage de qualité. C’est une des raisons qui expliquent le succès du bouchon de liège auprès des consommateurs. Pour eux, le bouchon de liège présente également d’autres nombreux avantages : il participerait mieux à la maturation du vin et à la préservation de ses arômes et serait mieux adapté à un grand cru. Selon eux, ce serait également le mode de bouchage le plus respectueux de l’environnement. Ainsi, pour les amateurs de vin, le bouchon de liège est l’obturateur le plus valorisant et constitue un réel critère différenciant au moment de l’achat. Cet avis est partagé pour les amateurs de vin des pays émergents (USA, Autriche, Chine) où le liège véhicule également des valeurs de qualité pour les vins.

Le bouchon de liège : plus qu’un simple bouchon …

La réussite du bouchon de liège trouve surement également ses origines dans le fait qu’il est plus qu’un simple bouchon. Véritable produit naturel, demandant un réel savoir-faire, il présente aussi un caractère innovant et écologique qui s’inscrit dans l’ère du temps. Mais tout d’abord partons sur les terres d’origine du liège : Le Portugal.

Le Portugal : roi du liège …

Sur la planète il ya au total 2,14 millions d’hectares de forêts de chênes-liège ce qui permet, chaque année, de produire 200.000 tonnes de liège. Cependant la majeure partie de cette production provient d’un même pays : le Portugal. En effet, avec ses 730.000 hectares de forêts de liège, soit 34% de la superficie mondiale, le Portugal est à l’origine de 50% de la production mondiale de liège. Parmi les autres pays continuant à l’industrie mondiale du liège, on peut aussi citer l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie ou encore la France.

Faire un bouchon de liège : tout un métier …

Un bouchon de liège peut paraître “simple” à première vue mais il faut savoir que sa réalisation nécessite un long processus et un véritable savoir-faire. Cela commence tout d’abord par la phase d’écorçage, une activité traditionnelle réalisée par des spécialistes dotés d’un savoir-faire transmis depuis des générations. Cette récolte s’opère de mai-juin à août durant la phase active de croissance de l’arbre afin d’éviter de le détériorer. Mais il faudra attendre que le chêne-liège atteigne un âge compris entre 38 et 45 ans, le 3ème écorçage environ, pour obtenir un liège doté des bonnes propriétés et ainsi pouvoir avoir une récolte “productive”. Ensuite, une récolte sera effectuée tous les 9 ans pour une exploitation totale d’environ 150 ans, ce qui correspond environ à la production de 20.000 bouchons de liège. Une fois récoltées, pour favoriser leur maturation, les planches de lièges vont être triées, empilées et exposées à l’air libre dans la forêt puis dans des aires spécifiques pendant au moins 6 mois. Elles vont ensuite être plongées dans de l’eau propre en ébullition pendant 1h au minimum afin d’être nettoyées et de les rendre plus souples et élastiques, c’est la phase de bouillage. Suite à cela, on laisse les planches se reposées pendant 1 à 3 jours dans le but de les aplanir et de les stabiliser. Après les avoir été découpées et tubées, on obtient enfin les bouchons de liège tels qu’on les connait qui doivent ensuite être rectifiés, sélectionnés, lavés et séchés avant d’être marqués et emballés. De la récolte au traitement final des produits, vers avril, la fabrication d’un bouchon de liège aura ainsi nécessité un an de travail.

Le bouchon de liège : innovant et écologique

Le caractère à la fois innovant et écologique du bouchon liège doit également participer à son attrait. En effet, dans un premier temps, même si ce n’est pas évident à première vue, il faut savoir que l’industrie du liège est “une industrie innovante” comme tient à nous le rappeler Mr Sauvaud. “Le bouchon de liège n’est pas un obturateur ringard, précise-t-il, c’est un produit moderne et technique.” En effet, chaque année, l’industrie du liège investit entre 5 et 10 millions d’euros sont investit  dans la R&D et 691 brevets sont déposés dans le monde en lien avec le liège et ses méthodes de production. Par ces investissements, l’industrie du liège cherche en permanence à améliorer les performances de ses produits et minimiser les risques d’apparition de défauts organoleptiques liés aux bouchons (le fameux “goût de bouchon”).

Mais l’industrie du liège est également une activité humaine combinant potentiel économique et respect de l’environnement, notamment dans son exploitation. Il faut tout d’abord savoir qu’une forêt de liège abrite un écosystème d’environ 117 espèces animales et qu’une fois exploitée celle-ci permet de capter en moyenne 4 fois plus de CO2 qu’un chêne-liège non exploité. Citons aussi l’exemple de la phase d’écorçage, une étape contribuant à la bonne santé des chênes liège et essentielle à la préservation globale de l’éco-système. Ainsi, comparé aux autres modes de bouchage, le bouchons de liège représenterait l’option la plus écologique et ce d’autant plus que tout le liège récolté est utilisé à 100% (fabrication de bouchons, de matériaux de construction et d’isolation ou encore de combustibles) et recyclable à l’infini.

Une filière qui se modernise …

Si le liège est présent depuis des siècles, c’est également grâce au travail de tous les professionnels de son industrie qui oeuvre en permanence pour promouvoir le bouchon de liège. En France, ils sont regroupés au sein de la Fédération Française de Liège.

La FFL

La Fédération Française du Liège (FFL) est une association patronale regroupant les syndicats professionnels de l’industrie du liège (Union des Fabricants de Bouchons de Liège, la Chambre Syndicale des Bouchonniers pour Vins Tranquilles et le Syndicat des Bouchonniers en Champagne). « Tous les adhérents y sont ainsi représentés, comme le précise Mr Sauvaud, avec de nombreux techniciens ». Celle-ci a pour mission d’ « assurer la bonne marche et le développement de la filière », comme nous l’explique son président. Pour cela, elle oeuvre par l’étude, la recherche et la diffusion de l’information. Bien évidemment, elle joue également un rôle actif dans la valorisation du liège auprès des professionnels comme des consommateurs.

Planète Liège : pour une image plus dynamique …

Comme nous l’explique Mr Sauvaud, « à l’origine, la FFL avait un important problème de communication. Elle n’était pas « fun » et ne donnait pas envie ». À la fin des années 90, l’industrie du liège s’est retrouvée confrontée à la  concurrence de nouveaux modes de bouchages (bouchons en plastique, capsules à vis). Face à cela, les professionnels du liège ont du réagir pour ne pas que leur industrie en pâtisse. En 2010, à l’occasion d’une grande campagne sur le liège, ils ont donc décidé d’en profiter pour améliorer l’image diffusée au public en lancement le nouveau site de la Fédération intitulé Planète Liège. « Cela nous a permis de moderniser notre approche, d’être plus dans l’ère du temps, de donner une image plus dynamique », explique Mr Sauvaud. « On partait de très loin, de la préhistoire, précise-t-il, les liègeurs ne connaissaient pas le marketing or la, il fallait réellement marketer le liège ». Le pari est aujourd’hui réussi avec un nouveau site et une nouvelle image qui fonctionnent très bien auprès du public comme en atteste les plus de 8.000 likes de la page Facebook de Planète Liège. Sur ce “site d’informations grandeur nature, comme le qualifie le président vous retrouver ainsi des éléments techniques et professionnels mais également des éléments plus généraux destinés au grand public.

Une filière active …

Pour promouvoir le liège, la FFL met en place de nombreuses campagnes. La dernière en date est la campagne Intercork  II, déployée entre 2014 et 2015, dont le but est de faire mieux connaître les performances plurielle du liège (techniques, environnementales et marketing) auprès des professionnels, cible prioritaire, et des consommateurs. Celle-ci vise à réaffirmer avec force quelques grandes évidence sur le liège et mettre en avant certains revendications comme le travail exclusif avec des acteurs certifiés Systécode, l’utilisation de bouchon de liège pour les vins bio ou encore la transparence sur le mode de bouchage (macaron “bouchage liège” sur les bouteilles). Ainsi, la FFL organise de nombreuses actions ciblant aussi bien les professionnels (diffusion du Manifeste des Vin(gt), dialogue avec les viticulteurs en région, masterclasses pour les jeunes oenologues et sommeliers, opération de collecte de bouchons usagée et de sensibilisation au recyclage) que des consommateurs (évènements divers, lancement de la 1ère application dédiée au liège, diffusion d’une pétition pour la transparence sur les modes de bouchage). Au sujet de la pétition, Mr Sauvaud explique que celle-ci a pour but d’évaluer comme se situe le liège auprès des consommateurs. « Certains vont se dire « encore un pictogramme » mais les consommateurs sont de plus en plus soucieux, ont besoin de plus d’informations”, explique-t-il, avant de préciser, “c’est une demande de 66% des consommateurs. Notre principe est simple : ne rien imposer mais plutôt suggérer”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>