Chroniques sur le vin
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Château Julia, les débuts d’une jeune viticultrice à Pauillac

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Rencontre avec une jeune viticultrice de 34 ans qui a créé son premier vin en 2009 du côté de Pauillac, dans le Médoc : le Château Julia. Elle nous raconte son histoire et ses débuts parfois difficiles. Sophie Martin, une vigneronne naturelle et souriante à découvrir sans modération. Aujourd’hui âgé de 34 ans et viticultrice au Château Julia à Pauillac, Sophie Martin n’était à l’origine pas destinée au monde du vin. Bien que ses parents possèdaient une exploitation familiale où ils cultivaient du maïs et des vignes, dont les raisins partaient en coopérative, et élevaient des vaches laitière, ils ne voulaient pas qu’elle reprenne le domaine familiale, trop éprouvant à leurs yeux, mais plutôt des études dans l’éducation nationale. Durant son enfance, Sophie venait aider ses parents à l’exploitation, notamment dans les vignes, pendant les vacances. Par la suite, elle a réalisé un bac littéraire. Une fois ce cursus terminé, et alors que tous ses amis avaient déjà des projets en tête, Sophie, elle n’était inscrite nulle part.

Le retour aux sources

À cette même période, son père décède, ce qui la pousse, avec son frère, à reprendre l’exploitation familiale. La voilà donc, en 2002, devenir une jeune viticultrice. Pour améliorer ses compétences, elle a réalisé un BTS ACSE option viticulture. Le reste de ses connaissances ont été acquises sur le tas, dans les vignes, “là où tout se fait”, précise Sophie. Les débuts ont été difficiles et la collaboration avec son frère ne s’est pas bien passée, c’est pourquoi ils ont décidé ensemble d’y mettre fin en 2006. Ils ont alors séparé l’exploitation en deux, Sophie gardant la partie viticulture de l’exploitation. Le Château Julia allait bientôt naître…

À l’origine, lorsque Sophie a commencé seule à exploiter ses propres vignes, elle disposait de 0,5 ha à Pauillac et de 3,5ha en Haut-Médoc. Elle a d’abord continué à travailler avec la coopérative avec laquelle travaillait son père et son grand père. Mais en 2009, elle a décidé d’en sortir pour produire son propre vin. Le Château Julia voyait alors le jour !

Aujourd’hui, après des rachats de parcelles, la jeune viticultrice est à la tête de 0,6 ha en Pauillac et de 4 ha en Haut-Médoc. À Pauillac, son exploitation est l’une des petites propriétés de l’appellation.

«Apprendre la vigne sur le tas»

Jeune viticultrice, Sophie est seule au sein de son exploitation. Elle fait tout elle-même, sauf les travaux mécaniques effectués par l’entreprise de travaux viticoles de son frère. Son plus grand plaisir est d’”être seule dans la vigne”. Elle a “choisi ce métier pour la liberté qu’il offre” car “c’est un véritable plaisir”, ajoute-t-elle. Au commencement, sa plus grande appréhension concernait la vinification. “À mes débuts, il m’est souvent arrivé de renverser du vin dans mes chais, une grande souffrance quand on sait que c’est du Pauillac”. Des débuts difficiles, donc, notamment “la première année qui a été très longue”. Mais grâce à l’aide d’un ami, Sophie a réussi a s’améliorer.

Elle a également, pour son premier millésime en 2009, travaillé pendant un an dans un château, afin d’apprendre le métier aux contacts de professionnels expérimentés. “J’ai aussi appris sur le tas, ce qui n’est pas un problème lorsqu’on a l’envie. Je suis toujours en train d’apprendre mais cela devient de plus en pus simple et ça me plait”, précise-t-elle. Côté distribution, la viticultrice a aussi dû apprendre à gérer son réseau. Pour cela, elle a opté pour une relation de proximité avec ses distributeurs. “Je connais personnelllement les cavistes et les restaurateurs qui vendent mon vin, je les livre en général dircetement afin d’établir avec eux une véritable relation et d’effectuer ainsi une certaine sélection de mon réseau”.  Ainsi, aujourd’hui, elle écoule environ 3.500 bouteilles par an du Château Julia en Pauillac, bouteilles qui sont vendues aux particuliers, aux cavistes et en restauration.

Pauillac, un vignoble de renom

Pour Sophie, cultiver des vignes à Pauillac est “une grande chance” étant donné la renommée de l’appellation médocaine. Son domaine se trouve au milieu de vignibles prestigieux comme Lynch Bages par exemple. Elle essaye donc de se servir de cette notoriété pour faire découvrir ses vins. Mais il existe aussi un inconvénient à travailler au sein de ce terroir. Il est tout d’abord difficile de réaliser des achats fonciers dans cette région car les prix sont très élevés, et on peut rencontrer une certain résistance de la part de certains “acteurs”. En effet, comme nous l’avoue Sophie, lors de ses débuts, son histoire a fait beaucoup parler à Pauillac, autant en bien qu’en mal. Mais cela ne décourage pas Sophie pour qui travailler des vignes à Pauillac est une véritable chance qui fait aujourd’hui la fierté de sa mère. “Dans notre beau métier, il faut être ouvert et faire parler de soi”, précise-t-elle.

Pour cela, Sophie utilise bien sûr l’outil internet, mais comme elle le précise, “cela prend autant de temps que dans les vignes, et je n’ai pas ce temps”. Mais elle sait que c’est aujourd’hui primordial pour se faire connaître. Elle a donc réalisé une formation à la chambre d’agriculture pour mieux appréhender ce sujet. Sophie participe régulièrement à des évènements comme par exemple les Portes Ouvertes ou la Fête du vin à Bordeaux. Elle a aussi organisé des “réunion tuperware” où elle présentait ses vins. Côté web, le Château Julia ne dispose pas encore de site internet mais il est présent sur Facebook. Selon Sophie, “il faut se laisser le temps de grossir, et un site internet est trop impersonnel pour l’instant”. Facebook dispose d’un côté plus intimiste, selon elle, d’une certaine proximité qui l’attire davantage.

Une envie d’expansion

Dans l’avenir, Sophie souhaiterait convertir son exploitation en agriculture biologique car c’est important pour elle de bien respecter les vignes et la terre qu’elle exploite. Elle souhaiterait aussi agrandir son domaine, mais plusieurs problèmes se posent à elle : la difficulté d’acheter des vignes supplémentaires à Pauillac, ainsi que le souci de trouver de bons ouvriers à embaucher, étant donné que les meilleurs sont déjà pris dans les grandes propriétés : “il faut faire les bonnes rencontres au bon moment”. Enfin, Sophie a aussi pour ambition de proposer très prochainement son Haut-Médoc, pour l’instant vendu au négoce, aux particuliers.

Le Château Julia 2009, à découvrir dans le bar à vin

Selon Sophie, le Château Julia est un “Pauillac différent”, il ressemble plus à un Saint-Émilion. Elle avoue qu’en général, “les gens qui n’aiment pas le Pauillac aiment [son] vin”. Pour vous faire découvrir le fruit de son travail, Sophie vous propose donc de découvrir son Château Julia 2009 dans notre bar à vin, “un vin bon à boire, souple, justement boisé et très fruité (fruits rouges)”.

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