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Les chambres d’hôtes, une nouvelle façon de faire de l’œnotourisme ?

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Pour faire connaitre son vin, le vigneron doit avant tout aller à la rencontre de sa clientèle et lui offrir une expérience. Portes ouvertes, salons dans les villes de France, activités oenotouristiques mais aussi chambres d’hôtes sont autant de moyens de créer un contact avec les amoureux du vin. Caroline Bourcier travaille dans le domaine familial du Château Haut Bourcier à Saint Androny (Gironde). Il y a quelques années, la famille a pris le pari de rénover entièrement un bâtiment attenant au domaine pour y créer un gîte. Piscine, cuisine, et cinq chambres composent aujourd’hui la Maison de Jean. Est-ce que cela fonctionne et quels services proposer ? Rencontre.

Parle-nous de ton gîte / chambre d’hôtes. Quel type de clientèle as-tu ?

“Tout d’abord nous proposons deux formules. La formule chambres d’hôtes où le petit déjeuner est compris, est la formule principale de la Maison de Jean. D’ailleurs 3/4 de nos clients choisissent cette prestation complète. Nous faisons aussi “gîte” c’est à dire que nos clients peuvent louer la maison entièrement pour un weekend maximum. Nous avons tout type de clientèle, bien que la principale a un peu de moyens. Mais nous avons souvent des jeunes, étudiants, … qui viennent se faire plaisir le temps d’une nuit. ”

Comment communiques-tu autour du gîte ?

“La Maison de Jean est intégrée sur le site internet du Château Haut Bourcier, car nous souhaitons tout d’abord répondre à la demande de la clientèle de notre vignoble.  Ensuite nous sommes présents sur le site de réservation mondialement connu Booking.com qui nous permet un taux de remplissage de 80%. Nous sommes des inconditionnels des réseaux sociaux où la Maison de Jean détient sa propre fan page sur Facebook.  Nous communiquons aussi beaucoup au travers de la page du Château Haut Bourcier et de son compte Twitter.”

Cela doit prendre du temps, comment arrives-tu à concilier ça avec ton métier de vigneronne ?

“À la fin de mes études, je suis revenue à la propriété pour m’occuper à 100% des ventes à l’export et de la communication du Château. Mais l’activité “chambres d’hôtes” est quelque chose de prenant où vous devez être présent le matin de bonne heure aux petits déjeuners, aux nettoyages des extérieurs afin que les clients puissent profiter de la piscine et de la terrasse dès le matin. Ensuite, il y a les 5 chambres à refaire quasiment tous les jours et à partir de 16h les nouveaux arrivants prennent possession de leur chambre. La journée peut même se finir à 20h car certains clients se perdent dans nos petites routes de campagne ! Après une journée type comme celle-ci il est compliqué d’accorder 5 minutes au Château, surtout en pleine saison. Maintenant j’arrive toujours à trouver un créneau pour essayer de répondre au mieux aux attentes de la famille.”

Chambre d'hôtes de la Maison de Jean

Est-ce que tu proposes des activités oenotouristiques aux clients des chambres d’hôtes?

“Les 3/4 des clients qui viennent séjourner chez nous sont également des amateurs de vins et souhaitent découvrir notre vignoble. C’est pourquoi durant leur séjour, aux heures qu’ils souhaitent, nous leur accordons une visite des chais et une dégustation de nos vins. A savoir que à leur arrivée, nous leur offrons une bouteille de vin du Château.”

Est-ce que tu penses que cela te permet de faire connaître et vendre ton vin ?

“Dès la création du gite, c’était notre but principal. Nous souhaitions faire des chambres d’hôtes afin de conserver le patrimoine familial mais également pour mettre en valeur nos vins, notre domaine. C’est un très bon moyen pour nous de mettre en valeur nos vins mais notamment notre appellation, Blaye Côtes de Bordeaux. Beaucoup repartent avec des bouteilles du Château.”

Est-ce que tu arrives à fidéliser par ce canal ?

“Concernant nos vins, nous retrouvons beaucoup nos clients de la Maison de Jean, sur des salons nationaux. Certains reviennent même dormir une nuitée chez nous afin de refaire les stocks de leurs caves ..”.

Un conseil à donner aux vignerons qui hésiteraient à se lancer dans l’aventure ?

“Sincèrement, c’est une très belle expérience ! Avec les chambres d’hôtes nous sommes un peu plus en contact avec nos clients. Le fait de partager un café ensemble le matin ou de discuter autour d’une orangeade près de la piscine permet d’établir de bonnes relations. Maintenant avant de se lancer dans la chambre d’hôte qui est au final de l’hôtellerie, il faut être conscient du travail que ça implique. Pour 5 chambres comme les nôtres c’est une personne à temps plein, voir même plus. Il ne faut pas oublier que le moindre défaut peut être détecté par vos clients et que maintenant avec des sites web de notation, les commentaires peuvent vite vous faire une très mauvaise publicité.”

Un commentaire sur “Les chambres d’hôtes, une nouvelle façon de faire de l’œnotourisme ?

  1. “Nouvelle” ? Ton titre est mal fichu…
    Mes parents ont ouvert leurs chambres d’hôtes dans le Beaujolais -dans ce but uniquement oenotouristique- en 1999. Dans mon village, les premières chambres d’hôtes ont été ouvertes à ce titre en 1995. Puis ont suivi d’autres en 2002.

    Il y a eu un âge d’or mais il s’en est allé. Inutile de dire l’inverse. Pourquoi ? La raison tourne autour des Booking ou autres Air B’n'B.

    Booking tue l’activité de ceux qui veulent rester indépendant : http://reussirsamaisondhotes.com/…/booking-com-ami-ou…/ . Tu vas chez Booking : plus aucun retour client. Tu veux bénéficier des avis clients sur Google plus pour booster ton référencement ? Non, ça ne marche pas. Les gens qui viennent chez toi ne sont plus TES clients mais ceux de Booking.
    Le coût de Booking, c’est 15% du prix de ta chambre. Ce qui est loin d’être négligeable si tu veux continuer à en vivre. Et augmenter de 15% ses tarifs pour ne pas en souffrir financièrement : les clients réguliers et autres que Booking, ne comprendraient pas.

    Plus ou moins indépendamment de ton article, le nombre de chambres qui ferment dans le Beaujo fait peur… Pourquoi ? Car il faut qu’il y ait une politique touristique bien ficelée dans la région pour pouvoir basculer dans l’oenotourisme…
    Et si des mecs d’une région où il n’y a rien décident de se lancer dans ce domaine, ils n’arriveront à rien, maintenant.

    Ce n’est pas une bonne façon, ni nouvelle, de faire de l’oenotourisme et je décourage tout le monde de se lancer quand on voit la réalité, quand on vit le truc au quotidien. C’est prenant. Déstabilisant. Tu n’as plus de vie de famille. Tu ne fais plus que ça. Tu ne peux plus recevoir d’amis ou tes amis se disent qu’ils te dérangeront car tu as toujours du monde à attendre, etc.
    Alors peut-être qu’il y a eu un âge d’or pour les viticulteurs qui voulaient booster leur vente de vin, faire découvrir leur région. Mais il n’est ni nouveau, ni tentant quand on a vécu le truc.

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