Chroniques sur le vin
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Chronique publiée le dans Le vin au numérique

Les Vinitiques #6 : Le numérique au service des nouvelles formes d’œnotourisme.

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Jeudi 11 décembre se tenait la 6 ème édition des Vinitiques organisée par Inno’Vin, cluster de projets innovants dans le secteur du vin. La thématique du jour “le numérique au service des nouvelles formes d’œnotourisme” se tenait à guichet fermé, il était néanmoins possible de suivre l’événement sur Twitter.

Le sujet était alléchant et l’attente forte, comme le soulignent les organisateurs : “L’œnotourisme est devenu depuis quelques années un axe majeur de développement de la filière vin. En Aquitaine, les projets collectifs (Cité des Civilisations du Vin) ou individuels se multiplient. Parallèlement, la candidature de Bordeaux à la French Tech et la naissance d’un pôle Digital Aquitaine dopent l’explosion du numérique sur le territoire”.

On pouvait craindre le format un peu court (2h) au regard du nombre d’intervenants (5) et de la quantité de choses à évoquer. Ce fut dense mais compréhensible et surtout passionnant ! Tour des interventions.

 Valérie Kociemba – Panorama de l’oenotourisme sous l’angle du numérique en bordelais

Topo du web et du vignoble bordelais

Cette agrégée de géographie, spécialisée dans la sphère viticole est active au sein du projet Raudin : il faut comprendre “Recherches Aquitaines sur les Usages pour le Développement des dispositifs Numériques”, menées par l’Université de Bordeaux. Le travail colossal de récolte manuelle d’informations de ce projet Open Data a permis à Valérie Kociemba de mettre en lumière les grandes tendances chiffrées du web, dans le vignoble bordelais.

Les bons points :

  • 51 % des domaines possèdent un site web et quelques bons élèves se distinguent, comme le Médoc et les Graves-sauternes.
  • Autre aspect réjouissant : 89% des sites web sont traduits en anglais et la moitié des Châteaux connectés proposent des visites de domaine.
  • Du côté des utilisateurs, les chercheurs se sont aperçus que le web devenait un canal de prédilection, avec 21% des touristes qui choisissent leur destination sur Internet. De quoi être confiant sur l’avenir numérique de l’oenotourisme.

Quelques aspects demandent à être améliorés :

  • Bien que l’anglais soit une langue largement adoptée, peu d’acteurs proposent des traductions dans d’autres langages. On pourrait s’attendre à plus de versions en mandarin ou allemand.
  • Le multimédia et la vidéo sont malheureusement des contenus rarement utilisés. Dommage, quand on sait que la vidéo prend tout son sens lorsqu’il s’agit d’inviter au voyage !

Le panorama dessiné par Valérie Kociemba aborde aussi le sens des sites web, celui que veut véhiculer le vigneron. En analysant tous les milliers de sites web un par un, les chercheurs ont réussi à extraire une communication générale des vignerons du bordelais. Vertigineux ! Ce qui en ressort, c’est une expression basée sur l’attachement à “l’agro-terroir”, au sol travaillé par le vigneron. L’humain est au cœur des stratégies, les vignerons ne se cachent plus et s’affichent sur leur site web. Tant mieux, car tout le monde meurt d’envie de les connaître ! Malgré quelques efforts à produire, ces conclusions sont intéressantes car elles symbolisent la prise de conscience des acteurs du vin de se rapprocher du consommateur, par le numérique. Le web se pose en canal privilégié en amont de tout oenotourisme. Avec l’essor de la récolte des données, le numérique le sera aussi en aval.

Pour aller plus loin, une sympathique infographie est disponible sur le site web du programme.

Eric Fournier – Directeur de projet, Mairie de Bordeaux – Cité des Civilisations du Vin.

S’il est bien un projet qui allie le tout numérique au tourisme du vin, c’est bien celui de la Cité des Civilisations du Vin, à Bordeaux. Si vous êtes amoureux de vin et aussi d’architecture, de nouvelles technologies ou bien de projets grandioses, vous en avez certainement entendu parlé. Ni musée, ni parc d’attraction – ou un peu des deux – la structure en construction du côté de Bacalan a une grande ambition : rendre le vin accessible à tous ! Des moyens, il y en a (budget de 81 millions d’euros) mais c’est surtout le parti pris du numérique qui se révèle être le plus passionnant.

Hologrammes, tables interactives, cinémas panoramiques, plus de 20 modules, essentiellement basés sur les nouvelles technologies, composeront le parcours permanent. Le pari est pris de captiver les 450.000 visiteurs attendus la première année. Et c’est l’aspect résolument ludique qui les amènera à pousser les portes du bâtiment. Le visiteur sera immergé  dans un parcours multi-sensoriel et pourra interagir avec celui-ci, ce sera à lui de décider comment il veut apprendre. Par le numérique, la Cité des Civilisations du Vin entend prolonger l’expérience après la visite, mais aussi avant.

Le compagnon de visite, petit outil inspiré du musée voisin Cap Sciences, est au centre de cette volonté d’immersion. En amont de sa venue, le visiteur sera invité à préparer son parcours sur le site web. Il y entrera son âge, sa langue (le parcours sera traduit en 8 langues), ses envies, tout un tas d’informations qui permettront de rendre son expérience unique. C’est aussi de la précieuse donnée qui sera récoltée pendant la visite, grâce à ce guide virtuel. Cela facilitera la mise en lumière des points attractifs et sera utile afin de proposer des visites dans le vignoble de Bordeaux, personalisées à la sortie du musée.

Christophe Château – Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB)

Bordeaux Wine Trip

Le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux est bien évidemment largement investi de la volonté de développer l’activité oenotouristique, au coeur de son territoire. Le plan “Bordeaux Demain” élaboré en 2009 et toujours actif, vise à redynamiser le vignoble. L’œnotourisme représente un plan de développement majeur dans ce sens là. Deux applications Smartphone ont été créées et facilitent l’organisation des séjours dans le vignoble, le choix et l’achat du vin : Smart Bordeaux et Bordeaux Wine Trip. La première a pour vocation d’inciter le consommateur de vins de Bordeaux à se rapprocher du vigneron, la deuxième permet d’avoir tout le vignoble et ses animations embarqués dans son Smartphone. L’occasion pour Christophe Château, qui pilote la communication du CIVB, d’évoquer les enjeux de récolte de données. Un travail colossal au regard des 17.000 châteaux et marques qui composent le vignoble de Bordeaux. Il y a du travail, mais la sensibilisation avec les différents acteurs semble fonctionner.

NFC – Interactive

La société pessacaise propose des services de visites guidées de musées, de villes et d’autres espaces culturels, grâce à la technologie du sans contact. Quel intérêt pour l’oenotourisme, me direz-vous ?

Le NFC, basé sur l’échange d’information par un rapprochement à moins de 10cm et non pas par le réseau 3/4G ou wifi, résoud le problème des zones blanches en campagne ! Par ce biais, il est tout à fait envisageable d’organiser un parcours dans le vignoble en disposant des TAG à plusieurs endroits, même distants. En mettant à disposition une application pour Smartphone, le tour serait joué puisqu’une grande majorité des appareils sont aujourd’hui équipés de cette technologie.

Arnaud Hacquin – Jardin des marques – Esprit du Vin

Esprit du Vin

Arnaud Hacquin, fondateur de Jardin des Marques, une agence de communication transmedia, a sans doute tenu une des présentations les plus passionnantes de la soirée en nous parlant du lancement de sa bande dessinée connectée !

Le premier tome de la série Esprit du Vin , Esprit Medoc, base son intrigue au coeur du vignoble éponyme. Contre toute attente, le numérique vient ici s’insérer à plusieurs niveaux. Tout d’abord, une application smartphone permet d’activer des contenus en réalité augmentée et permet au lecteur d’en apprendre plus sur l’histoire des châteaux et leurs activités touristiques. La force du concept est que l’application va plus loin et invite même le lecteur à se déplacer pour résoudre des énigmes ! L’enquêteur du jour sera  ainsi amené à se rendre dans les châteaux évoqués – financeurs de la bande dessinée – sur le principe du jeu alterné : l’application viendra aider par moment le joueur et l’aiguiller dans sa quête.

Le processus d’immersion a tout pour fonctionner, à condition que l’intrigue soit suffisamment captivante pour donner au lecteur l’envie de se déplacer. Une application très ergonomique est vitale pour ne pas décourager les utilisateurs et garder la dynamique du jeu ! En tout cas, on a très envie d’essayer ! D’autres vignobles de Bordeaux et de Champagne seraient apparemment séduits par l’idée. Affaire à suivre, donc !

Speed Vitrine

Speed Vitrines des Vinitiques

Pour clore cette 6ème édition des Vinitiques, la parole était laissée à une dizaine de startups locales pour présenter leur activité, en lien avec la thématique du jour.

Modélisation en 3D des vignobles, lunettes connectées, tablettes interactives, le “speed vitrine” a été l’occasion de prendre le pouls des initiatives entrepreneuriales dans le secteur. Et il bat fort, vous pouvez être rassurés !

Un commentaire sur “Les Vinitiques #6 : Le numérique au service des nouvelles formes d’œnotourisme.

  1. Un article très intéressant pour ceux n’ayant pas pu s’y rendre ! On attend la prochaine édition avec impatience alors. Cela risque de beaucoup m’aider pour mon mémoire de recherche sur la communication et le vin, merci ! :)

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