Chroniques sur le vin
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Chronique publiée le dans La dégustation en long, en large, en travers... Et le reste !

On a tenté l’expérience : la dégustation dans le noir

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On vous l’a souvent dit : la vue est le 1er sens indispensable à l’analyse et la dégustation du vin. Avant de sentir ou de goûter, observer le vin présent dans notre verre nous donne toute une panoplie d’informations sur le breuvage en question. La vue conditionne également les informations qui sont transmises par notre cerveau : un vin rouge et nous sentons des arômes de cerise ou de violette, un vin blanc et ce sont des agrumes qui se retrouvent dans notre verre.

Afin de conserver un maximum d’objectivité, de nombreuses dégustations dites « à l’aveugle » sont organisées : les jurés goûtent les vins sans en avoir vu l’étiquette, parfois même dans des verres noirs, ils ne connaissent ainsi ni l’origine du vin, ni les cépages qui le composent.

Mais déguster dans le noir absolu revêt une autre dimension. Il ne s’agit plus de ne pas voir la couleur d’un vin, mais de perdre tout repère visuel. C’est l’expérience que nous avons eu la chance de tenter : découvrir des vins dans le noir le plus total.  Inconsciemment, les autres sens prennent le dessus ; alors que l’on est en général peu volubile lors d’une dégustation classique, nous avons eu tendance à commenter nos moindre faits et gestes, et surtout à hausser la voix. En quelques minutes, un brouhaha terrible avait envahi la pièce.

Au moment de sentir le vin, notre concentration se fait plus forte et inconsciemment encore, nous nous posons la question piège : « Suis-je en train de sentir des arômes de vins blancs ou bien de vin rouge ? ». Si au final nos impressions olfactives furent les bonnes, force est de constater que le doute nous avait envahi à cette étape de la dégustation et que notre premier commentaire est allé vers la couleur supposée du vin et non pas vers ses arômes comme à l’accoutumée (informations venant en seconde place dans ce cas).

Goûter le vin nous a beaucoup aidé : les températures, les textures et les goûts furent autant d’indices venus renforcer nos impressions. Même réaction que pour la partie olfactive cependant : notre premier objectif était de comparer arômes et sensations gustatives pour identifier la couleur du vin. Il nous a fallu les regoûter avant d’être capables de décrire leur attaque, leur milieu de bouche ou leur finale. Ensuite seulement, nous avons tenté de pousser l’analyse afin d’identifier les vins en question.

Retour à la lumière et premières impressions : nous avons dégusté tout juste 4 vins mais sommes épuisés. Quand on nous demande combien de temps nous pensons être restés dans le noir, nous répondons sans hésiter : « 15 à 20 minutes maximum ». En réalité ?  Près de 45 minutes… Comme quoi la vue est indispensable pour se repérer tant dans l’espace que dans le temps… Bluffant !

2 commentaires sur “On a tenté l’expérience : la dégustation dans le noir

  1. Bonjour,

    Cette expérience était un événement “one shot”, donc difficile de vous conseiller une adresse. Cependant, des dark labs sont parfois proposés lors de manifestation autour du vin (Bordeaux fête le vin par exemple). Vous pouvez également tenter de dîner au restaurant “Dans le Noir” à Paris, l’expérience, alliant mets et vins, est également très intéressante !

    Emilie

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